Le vétérinaire se basera sur les informations collectées durant les 4 étapes de la démarche diagnostic. Pour établir un pronostic provisoire, il pourra se baser sur certains facteurs comme :

  • L’âge: dans une étude comparant un groupe de survivants et de morts ayant reçu des traitements similaires, il a été calculé que les chevaux de moins de 5,25 ans avaient 87,1 % de risque de mourir [1].
  • Le fait de rester debout: ce facteur est décrit dans plusieurs études comme un paramètre favorable au pronostic de survie [3, 4].
  • Les signes de douleur: s’ils sont sévères et incontrôlables, ils peuvent être une cause de décision d’euthanasie éthique
  • Les groupes musculaires atteints: les dommages au myocarde ou aux muscles respiratoires ont un impact plus important sur le pronostic que des altérations des muscles posturaux
  • Le taux de lactate : une étude anglaise sur des cas hospitalisés indique que le taux de lactate contribuerait à évaluer le pronostic [2].
  • Le taux de calcium total : une autre étude montre que le taux de calcium total contribue significativement au pronostic [1].
  • L’évolution du cas: il a été calculé que lorsqu’un cheval est encore vivant au troisième jour après l’apparition des premiers signes, il a 50 % de chance de survivre

Par contre, certains paramètres n’entrent pas dans l’établissement du pronostic :

  • Le taux de CK: Ce taux n’est pas corrélé avec la survie/la mort de l’animal. En effet, un cheval survivant a présenté une des plus hautes valeurs d’activité des CK (7 000 000 UI/l) ayant été mesurée.
  • Le taux sanguin en hypoglycine A ou en MCPA-carnitine[1].

Le pronostic définitif ne pourra être posé qu’avec l’analyse du profil des acylcarnitines, qui reflète l’importance des perturbations énergétiques. En particulier, l’acétylcarnitine (C2), la décadienoylcarnitine (C10:2) et la stéarylcarnitine (C18) permettent de calculer un pronostic de survie assez robuste [1, 5]. Récemment, une étude a mis en évidence que l'isovalérylcarnitine (C5 carnitine) est le paramètre le plus discriminant afin de confirmer un diagnostic de myopathie atypique et d'établir un pronostic de survie [5]. Malheureusement, ce type d’analyse n’est pas encore routinière en médecine vétérinaire et le délai pour l’obtention de cette analyse peut être long.

 
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Sources bibliographiques

1. Boemer, F., Detilleux, J., Cello, C. et coll. Acylcarnitines profile best predicts survival in horses with atypical myopathy. 2017. PLoS One 12, e0182761. https://hdl.handle.net/2268/214327

2. Dunkel, B., Ryan, A., Haggett, E. et coll. Atypical myopathy in the South-East of England: Clinicopathological data and outcome in hospitalised horses. Equine Veterinary Educ. 2018:6. doi: 10.1111/eve.12895 https://beva.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/eve.12895

3. Gonzalez Medina, S., Hyde, C., Lovera, I. et coll. Detection of equine atypical myopathy-associated hypoglycin A in plant material: Optimisation and validation of a novel LC-MS based method without derivatisation. 2018. PLoS One 13, e0199521 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29969503/

4. van Galen, G., Saegerman, C., Marcillaud Pitel, C. et coll. European outbreaks of atypical myopathy in grazing horses (2006-2009): Determination of indicators for risk and prognostic factors. Equine Vet. J. 2012;44:621-625. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22413891/

5. Renaud B, Kruse CJ, François AC, Cesarini C, van Loon G, Palmers K, Boemer F, Luis G, Gustin P, Votion DM. Large-scale study of blood markers in equine atypical myopathy reveals subclinical poisoning and advances in diagnostic and prognostic criteria. Environ Toxicol Pharmacol. 2024 Jul 18;110:104515. doi: 10.1016/j.etap.2024.104515. Epub ahead of print. PMID: 39032580.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1382668924001558?dgcid=author

modifié le 28/11/2024

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