La myopathie atypique résulte de l’ingestion de toxines produites par certains arbres du genre Acer (i.e. « les érables »).  Les deux toxines incriminées sont l’hypoglycine A (HGA) et la methylenecyclopropylglycine (MCPrG) mais d’autres toxines pourraient contribuer au processus pathologique (1, 2, 3). En Europe, la source toxique principale est l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus). Aux États-Unis, la source toxique est l'érable negundo (Acer negundo).

 

Les sources principales d’intoxication : Les équidés s’intoxiquent principalement via l'ingestion des fruits appelés samares (Figure 1) et des plantules (Figure 2 a et b) de l'érable sycomore. Ces deux sources toxiques expliquent le caractère saisonnier de la myopathie atypique et son émergence sous forme de séries cliniques à l’automne et au printemps. En automne, les samares tombent au sol à la faveur de conditions tempétueuses et/ ou naturellement parce qu’elles sont arrivées à maturité. Dès lors, elles sont accessibles pour l’ingestion (Figures 3). Au printemps, les samares tombées au sol germent et les plantules de l’érable sycomore sont la source principale de l’intoxication à cette période (Figures 4).

 

mceclip2 - 2022-10-06 14h32m40s

Figure 1. Les fruits de l’érable sycomore sont des disamares, une samare étant un fruit sec dont les téguments organisés en une aile permettent une dissémination par le vent. Les deux samares sont reliées entre elles par leur partie charnue contenant la graine. La taille, la forme et l’angle entre les deux samares du même fruit permettent la détermination de l’espèce. Crédit photo : D-M. Votion

mceclip1 - 2022-10-06 15h04m44s

Figure 2 a, b. Émergence de jeunes pousses d’érable sycomore (i.e. plantules). Leur développement commence avec la germination de la graine et la sortie d’une paire de cotylédons (Figure 2a) et ensuite de deux feuilles juvéniles (Figure 2b). La forme des cotylédons et des feuilles juvéniles permet de différencier les espèces. Crédit photos : D-M. Votion

 

 

mceclip0 - 2022-10-06 14h43m10s

Figure 3. Samares de l’érable sycomore tombées au sol. Crédit photo : D-M. Votion

 

mceclip1 - 2022-10-06 14h43m56s

Figure 4. Plantules de l’érable sycomore. Crédit photo : D-M. Votion

 

Les sources supplémentaires d’intoxication : Diverses études ont montré que l’hypoglycine A (et probablement les autres toxines) est aussi présente dans d’autres parties de l’arbre. Ces sources supplémentaires peuvent donc concourir à l’intoxication sans en être la cause à elles-seules. Ces sources secondaires sont :

 
+
  1. Les fleurs des érables sycomores 
  2. L’eau contaminée par les fleurs des érables sycomores 
  3. L’eau contaminée par des samares des érables sycomores 
  4. Le foin contaminé par des samares et/ou des plantules 
  5. Les feuilles mortes de l’érable sycomore
  1. Les fleurs des érables sycomores qui lorsqu’elles tombent au sol après de fortes pluies ou des vents violents constituent une source additionnelle d’intoxication. Crédit photos : D-M. Votion
    mceclip0 - 2023-11-10 10h42m54s
  2. L’eau contaminée par les fleurs des érables sycomores. La récolte d’eau de boisson via les toitures représente un risque, au printemps lorsque celles-ci sont surplombées par des érables.    Crédit photos : D-M. Votion
    mceclip0 - 2023-11-10 10h44m47s
  3. L’eau contaminée par des samares des érables sycomores si l’enveloppe de la graine est rendue perméable par le gel et/ ou le piétinement des samares. Il est à noter que l’hypoglycine A (soluble dans l’eau) ne diffuse pas hors de la samare lorsque celle-ci est intacte. Crédit photo : D-M. Votion
    mceclip1 - 2023-11-10 10h46m44s
  4. Le foin lorsqu’il contient des samares (gauche) et/ ou des plantules (droite). Celles-ci restent toxiques après plusieurs mois voire plusieurs années de stockage. Crédit photos : D-M. Votion
    mceclip0 - 2023-11-10 10h47m58s
  5. Les feuilles mortes de l’érable sycomore tombées au sol qui constituent une source toxique potentielle à ne pas à négliger. La maladie des taches noires ne semble pas avoir d’impact sur le degré de toxicité de l’érable infecté par ce champignon. Crédit photos : D-M. Votion
    mceclip0 - 2023-11-10 10h49m24s

 
+

Information complémentaire...

mceclip0 - 2023-11-10 10h51m02s

L’eau qui percole des samares après une pluie ne contient pas de toxines en quantité décelable. Crédit photos : D-M. Votion

 
+

Sources Bibliographiques

1. Fowden, L., Pratt, H.M., 1973. Cyclopropylamino acids of the genus Acer: Distribution and biosynthesis. Phytochemistry 12, 1677–1681. https://doi.org/10.1016/0031-9422(73)80387-5

2. Kean EA. Hypoglycin. In: Press C, editor. Toxicants of plant origin. III: Peter R. Cheeke; 1989. p. 230–56

3. El-Khatib, A.H.; Engel, A.M.; Weigel, S. Co-Occurrence of Hypoglycin A and Hypoglycin B in Sycamore and Box Elder Maple Proved by LC-MS/MS and LC-HR-MS. Toxins202214, 608. https://doi.org/10.3390/toxins14090608

modifié le 14/11/2023

Partagez cette page

cookieImage