Équidés
Grâce aux facteurs de risque identifiés, des mesures préventives peuvent être envisagées
Des études épidémiologiques (1,2,3) ont permis de mettre en évidence des facteurs de risque et des facteurs de protection de la myopathie atypique à l’échelle du cheval. Ces facteurs ont été déterminés via une analyse statistique et ne peuvent à eux seuls expliquer pourquoi certains chevaux sont atteints par cette maladie et pourquoi certains chevaux ne le sont pas.
Les facteurs de risque sont :
- Les chevaux jeunes et spécialement ceux de moins de 3 ans. Ce facteur est à nuancer avec les dernières données analysées : en effet, il est à noter que toutes les classes d’âge sont représentées parmi les chevaux atteints de myopathie atypique. Tous les chevaux sont donc à risque même si un plus grand nombre des chevaux atteints sont jeunes. Cette observation peut résulter du fait que les jeunes chevaux sont davantage gardés au pré que les chevaux plus âgés.
- Les chevaux restant au pré 24/24h toute l'année
- Les chevaux recevant du foin en automne. En effet, le foin peut contenir des samares et des plantules qui restent toxiques après plusieurs années : il est nécessaire de s’assurer que le foin distribué n’en contienne pas. De plus, le fait de donner du foin au sol ou sous un érable peut augmenter le risque d’ingestion de samares ou plantules.
Les mesures préventives, déduites des facteurs de protection, sont :
- Sélectionner les prairies/parcelles les moins exposées aux érables sycomores durant les périodes à risque.
- Empêcher ou limiter l’accès à la pâture en fonction des conditions météorologiques en automne et au printemps et/ou < 6h au pré par jour.
- Fournir une alimentation supplémentaire (aliments concentrés) ainsi qu’un bloc de sel toute l'année. Premièrement, l’alimentation fournit des substrats comme les hydrates de carbone qui supportent le métabolisme énergétique. Deuxièmement, les enzymes inhibées par la toxine nécessitent l’action d’un cofacteur originaire de la riboflavine ou vitamine B2. Cette vitamine se retrouve dans la luzerne par exemple. Il est donc aussi intéressant d’apporter des vitamines et des minéraux aux chevaux de manière préventive. Troisièmement, un équidé suffisamment nourri aura moins tendance à ingérer des samares ou des plantules. Enfin, concernant le foin, un fourrage exempt de toxine peut être distribué ad libitum hors sol et éloigné d’un érable.
- Fournir de l’eau du réseau de distribution dans un réservoir type baignoire et ne pas laisser d’accès à des points d’eau naturels.
- Veiller à vermifuger et à vacciner vos chevaux selon l’avis de votre vétérinaire.
Sources bibliographiques
1. Gonzalez-Medina, S.; Ireland, J.L.; Piercy, R.J.; Newton, J.R.; Votion, D. Equine atypical myopathy in the UK: Epidemiological characteristics of cases reported from 2011 to 2015 and factors associated with survival. Equine Vet. J. 2017, 49, 746–752 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28445006/
2. Van Galen, G.; Saegerman, C.; Marcillaud Pitel, C.; Patarin, F.; Amory, H.; Baily, J.D.; Cassart, D.; Gerber, V.; Hahn, C.; Harris, P.; et al. European outbreaks of atypical myopathy in grazing horses (2006–2009): Determination of indicators for risk and prognostic factors. Equine Vet. J.; Vol. 2012, 44, 621–625. Animals 2020, 10, x FOR PEER REVIEW 23 of 28 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22413891/
3. Votion, D.M.; Linden, A.; Delguste, C.; Amory, H.; Thiry, E.; Engels, P.; Van Galen, G.; Navet, R.; Sluse, F.; Serteyn, D.; et al. Atypical myopathy in grazing horses: A first exploratory data analysis. Vet. J. 2009, 180, 77–87 https://hdl.handle.net/2268/10009
